Prix lycéen du livre de philosophie

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Les livres sélectionnés pour l’année 2017-2018

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Anne-Lyse Chabert,
Transformer le handicap, Érès.

Quand commence le handicap ? Comment le définir autrement qu’avec les classifications conventionnelles ?  En philosophe, Anne-Lyse Chabert utilise sa propre expérience du handicap pour décrire la dynamique, véritable stratégie de la métamorphose, nécessaire au dépassement des contraintes du corps et de son environnement. Elle analyse ce phénomène de rééquilibrage propre au handicap, grâce à trois grilles de lecture liées aux concepts :
– de normes de vie et ses dérivés normativité, normal/pathologique, santé, qui qualifient ce que l’individu mobilise pour atteindre une nouvelle forme de stabilité dans son espace corporel contraint par le handicap ;
– d’affordance qui se réfère à l’utilisation des outils technologiques, interfaces pour favoriser la perception et l’action de l’individu sur son environnement
– de capabilité, dérivé de l’économie, qui permet de décrire et d’évaluer la qualité de vie d’un individu en fonction de son contexte socio-économique et humain, mais aussi des capacités qu’il peut y déployer
Trois situations de vie différentes, celle d’un calligraphe devenu tétraplégique qui redéploie la même exigence d’expertise artistique après son accident, celle de jeunes aveugles qui apprennent à jouer au foot, ou encore celle d’une personne autiste qui a su retrouver une place dans la société, illustrent l’inventivité nécessaire pour transformer le handicap au fil des expériences de vie.

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François Jullien,
Il n’y a pas d’identité culturelle, L’Herne.

Je ne défendrai pas une identité culturelle française, impossible à identifier, mais des ressources culturelles françaises (européennes) – « défendre » signifiant alors non pas tant les protéger que les exploiter. Car, s’il est entendu que de telles ressources naissent dans une langue comme au sein d’une tradition, en un certain milieu et dans un paysage, elles sont aussi disponibles à tous et n’appartiennent pas. Elles ne sont pas exclusives, comme le sont des « valeurs » ; elles ne se prônent pas. Mais on les déploie ou l’on ne les déploie pas, et de cela chacun est responsable.

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Francis Wolff,
Il n’y a pas d’amour parfait, Fayard.

L’amour a inspiré les chants les plus déchirants, les meilleurs romans et les pires, des comédies irrésistibles, des tragédies bouleversantes. Il est possible d’y ajouter quelques considérations philosophiques. Des préliminaires, seulement. Non à l’amour (le philosophe n’a là-dessus aucune expertise), mais à son concept (c’est son domaine, dit-on).
L’amour n’est ni l’amitié, ni le désir, ni la passion. C’est la fusion improbable de ces tendances opposées. Car les composantes de l’amour ne jouent pas collectif, tel est le drame, et la grandeur, de l’amour. C’est parce qu’il est de nature hétérogène, donc instable, qu’il est le moteur tout-puissant de tant d’histoires, grandioses ou banales, dans les littératures universelles et dans nos vies ordinaires.