Prix lycéen du livre de philosophie

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Présentation du Prix:

La philosophie est vivante, et affronte directement les questions du monde actuel. Chaque année, des philosophes publient des livres. Ces ouvrages permettent d’éclairer des questions que tout homme est susceptible de se poser, mais aussi de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.


Les ouvrages de philosophie ne sont pas réservés aux spécialistes. Si leur abord peut parfois paraître difficile, ils deviennent intéressants pour peu qu’on s’y intéresse. Et parfois même passionnants.

Le
Prix lycéen du livre de philosophie, organisé à l’initiative de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public, propose à tous les élèves des lycées généraux et technologiques de distinguer un livre de philosophie parmi une sélection de cinq ouvrages. Chaque élève peut librement faire partie du jury : la curiosité est la seule condition de la participation.


L’objectif de ce prix est d’inciter les élèves à lire et de susciter des échanges sur des questions philosophiques. Ces discussions peuvent être organisées dans les lycées. Comme les lectures accompagnent et prolongent les cours de philosophie et d’EMC, elles sont évidemment utiles à la préparation du baccalauréat, et constituent une bonne anticipation des études supérieures.

Les professeurs de philosophie sont invités à accompagner leurs élèves dans leurs lectures, à leur apporter les éclaircissements nécessaires et à les aider à organiser des discussions dans leurs établissements.

Un vote sera organisé en mai et le prix remis en octobre, en présence d’élèves jurés du prix, à l’auteur du livre qui aura recueilli le plus de suffrages.

La participation au prix est libre et ne nécessite aucune inscription.

Une
foire aux questions est à votre disposition pour toute information complémentaire.



Les livres sélectionnés pour l’année 2019-2020

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Paul Audi,
Réclamer justice, Gailée.

N’être pas reconnu dans ses droits, faire l’objet d’un déni de justice, être victime d’une injustice, demander réparation pour un tort subi : y a-t-il une seule personne, depuis que le monde existe, qui n’ait pas connu, directement ou indirectement, ce genre d’épreuve ? Or ces épreuves, si inévitables soient-elles, n’ont-elles pas parfois pour conséquence de faire perdre la tête ? N’y a-t-il pas des circonstances où réclamer justice fait basculer les hommes dans la violence, voire dans la déraison ou la folie ? Cette folie est-elle dictée par le besoin de se venger ? Ou ne tient-elle pas plutôt au désir de voir le droit existant s’appliquer sans réserve ni délai ?
Il arrive en tout cas qu’au nom même de cette justice dont on ne laisse pas d’exiger le respect, l’on se mette à œuvrer contre elle, à franchir les limites de la loi, à se rendre coupable d’un crime. Immense est alors le paradoxe qui veut que l’on s’aliène le droit dont on a la chance de jouir déjà et que l’on révère pour la protection qu’il assure. Un paradoxe qui apparaît plus souvent qu’on ne croit. Et qui commande aussi que l’on se pose au moins cette question : la folie du réclamer-justice, quand elle a lieu, est-elle due au fait que cette réclamation s’élève alors même que l’idée que l’on se fait généralement de ce qui est juste, de ce qui devrait être juste, n’est jamais tout à fait claire ? Ou ne survient-elle pas plutôt parce que l’exigence de justice qui gît au fond de nous est, par sa nature même, infinie ?

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Manon Garcia, On ne naît pas soumise, on le devient, Climats.

Même les femmes les plus indépendantes et les plus féministes se surprennent à aimer le regard conquérant des hommes sur elles, à désirer être un objet soumis dans les bras de leur partenaire, ou à préférer des tâches ménagères – les petits plaisirs du linge bien plié, du petit-déjeuner joliment préparé pour la famille – à des activités censément plus épanouissantes. Ces désirs, ces plaisirs sont-ils incompatibles avec leur indépendance ? Est-ce trahir les siècles de féminisme qui les ont précédées ? Peut-on attendre que les hommes fassent le « premier pas » et revendiquer l’égalité des sexes ?
Les récents scandales sexuels qui ont agité le monde entier ont jeté une lumière crue sur ces ambivalences et sur l’envers de la domination masculine : le consentement des femmes à leur propre soumission.
Tabou philosophique et point aveugle du féminisme, la soumission des femmes n’est jamais analysée en détail, dans la complexité des existences vécues.
Sur les pas de Simone de Beauvoir, Manon Garcia s’y attelle avec force, parce que comprendre pourquoi les femmes se soumettent est le préalable nécessaire à toute émancipation
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Claire Marin,
Rupture(s), Éd. de l’Observatoire.

Qu’elles soient joyeuses ou tragiques, visibles ou non, les ruptures rythment notre existence, nous transforment, nous remettent profondément en question.
Comment conjuguer ces « bifurcations » de nos vies que sont les ruptures avec l’idée de notre identité, une et constante ? Nous révèlent-elles la multiplicité de nos identités possibles, ou le fait que nous nous affirmions progressivement, au fur et à mesure de ces « accidents » de la vie ? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles ?
Pour la philosophe Claire Marin, la définition de notre être est tout autant dans nos sorties de route que dans nos lignes droites, dans les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même. Naissances ou deuils, séparation ou nouvel amour, besoins d’ailleurs : nos oscillations, nos vacillements fragilisent nos représentations, ébranlent nos certitudes, certes. Mais ils soulignent aussi fondamentalement la place de l’imprévisible, et questionnent notre capacité à supporter l’incertitude, à composer avec la catastrophe et, en les surmontant, à parfois démarrer une nouvelle vie.